2017

Rémi Forte, Design de l’écriture littéraire à l’âge numérique

Tanguy Vanlaeys, CNC Typographie

Alexis Faudot, Rafael Ribas, Halbgotische, Gotico-​Antiqua, Fere-​Humanistica: entre gothique et romain

Morgane Pierson, Nsibidi, des picto-​idéogrammes du Nigeria. The Missing Scripts 2017

Rosalie Wagner, Un système typographique paramétrique pour l’alphabétisation et la rééducation à la lecture

2016

Montasser Drissi, «À quoi doit ressembler une Alef?»

Isia Yurovsky, Le Romain du Tsar

Gabriele Cepulyte, Formes et visibilités de l’archive en ligne: éditer les archives d’Électre d’Antoine Vitez

Clément Le Tulle-Neyret, Immortel

Camille Trimardeau, Un système d’écriture pour la notation gymnique

Arthur Francietta, The Missing Scripts 2016

2015

Lucas Descroix, Italicismes. De l’Aldine à l’oblique, les formes italiques face au modèle familial traditionnel

Miklós Ferencz, Le grain du texte imprimé

Pierre Fournier, Les signes sur le mur

Sylvain Julé, Interfaces (trans)textuelles

Corentin Noyer, Manipulation typographique

2014

Alice Jauneau, Percer à jour

Céline Kriebs, Zones frontalières

Francis Ramel, Un caractère pour les premières notations du chant

David Vallance, Re‑Typographe 2014

Mário Vinícius, Paideuma

Elvire Volk Leonovitch, PIM. Police pour les Inscriptions Monétaires

2013

Sébastien Biniek, Composition cartographique, nouvelle topologie

Thomas Bouville, Re‑Typographe 2013

Redouan Chetuan, Awal. Un pays, trois systèmes d’écritures

Sarah Kremer, Développement d’un caractère phonétique étendu

Julian Moncada, Ugly faces

Éloïsa Pérez, Du geste à l'idée : formes de l'écriture à l'école primaire

2016
Isia Yurovsky,
Le Romain du Tsar
Le Paragon Cursif compte parmi les premiers caractères cyrilliques italiques. En 1708 est officialisé l’alphabet civil en Russie, issu une réforme typographique impulsée par le tsar, Pierre le Grand. Ce dernier souhaite moderniser le pays et en faire un état plus ouvert, plus tourné vers l’Europe. C’est dans ce contexte que l’ancien Slavon laisse place à un nouvel azbouka — les caractères civils au début du XVIIIe siècle sont appelés « abécédaire », azbouka en russe — aux formes rationalisées et occidentalisées, et qui sera obligatoire pour les documents officiels et les livres laïcs. Le tsar en personne corrigera les épreuves finales qu’il a fait gravé à Amsterdam. (Le nom des graveurs n’est pas connu à ce jour). La structure du caractère civil ne changera pas jusqu’à la fin des années 1730. En 1725, le tsar créé l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, quelques mois avant sa mort. Dès lors, elle s’impose comme l’une des plus importantes imprimeries du pays. Sous le règne d’Elisabeth, les graveurs russes de l’Académie des sciences s’émancipent. L’azbouka « Le couronnement » — à cette période les caractères sont nommés par le titre de la publication ou par leur taille de corps — sert dans l’édition du couronnement d’Elisabeth en 1744. C’est un caractère nouveau, que l’on peut considérer en rupture par rapport aux premiers alphabets civils. Les premiers alphabets cursifs voient le jour. L’un des plus étonnants d’entre eux est le Paragon Cursif (ancien équivalent d’un corps 20 selon l’ancienne classification des corps anglo-saxonne), présenté dans « Le livre d’essais » de l’Académie des sciences, édité et imprimé en 1748. Ses formes cursives lui confèrent une certaine souplesse qui contraste avec le Paragon Romain (Antique); d’autant plus que le rythme de l’alphabets cyrilliques est très verticale. Le s — с — , pourrait presque être apparenté à une lettre d’italique redressée quand le м (qui a la même forme qu’un M majuscule latin) et le l — л — laissent un blanc à chaque apparition, de par leur jambe gauche très penchée. Le A majuscule très décoratif pourrait presque être issu d’un caractère de civilité occidental. Je rassemble un corpus de documents de cette période (1748-1800) où le caractère apparaît. Nous étudierons ce corpus, sans exclure d’observer d’autres caractères cursifs de cette même période. Puis nous ferons une interprétation libre et contemporaine inspirée de ce caractère. Nous retranscrirons sa souplesse et son dynamisme. Le russe sera dessiné en premier puis nous ajouterons un jeu de caractère latin. Nous ne nous priverons pas de diverses expérimentations, comme l’ajout d’une linéale sur la même structure, une version de titrage ou encore l’ajout de variantes de caractères. Tout au long de ce processus, nous continuerons d’enrichir le corpus et de nous familiariser avec l’esprit typographique russe. Cela notamment avec l’aide de précieux livres sur la typographie cyrillique que monsieur Aslanoff, éditeur de l’Institut Slave de Paris, m’a confié. Cette rencontre fut déterminante pour la poursuite de ce projet, c’est pourquoi je tiens à le remercier.