Graffiti gravés de la cathédrale Saint-Étienne de Metz

« Ce doit être un besoin très fort: écrire. Écrire sur n’importe quoi, avec n’importe quoi. Sur le bois des meubles, sur le plâtre. Graphomanie. Ne pas disparaître, sans dire, sans crier quelque chose, n’importe quoi. » Henri Calet, Les murs de Fresnes, 1945.

Cette recherche porte sur les graffiti incisés dans la pierre, ces écrits oubliés et furtifs. Ceux que nous ne voyons pas, ne regardons pas, ne connaissons pas. C’est une écriture populaire, mémoire collective souvent ignorée de l’Histoire. À l’intérieur de la cathédrale Saint-Étienne de Metz, entre l’ombre et, parfois, un rai de lumière, il y a un foisonnement stupéfiant de graffiti. Incisés à même la pierre tendre de Jaumont, caractéristique de la région, ils n’ont jamais été recensés ni étudiés. Ces gravures vandales, pour la plupart à fonction votive, contiennent des noms, des signatures, des dessins d’oiseaux et de personnages et se confondent avec l’architecture de l’édifice. Datant du XVe siècle jusqu’à nos jours, ces derniers pourraient pourtant disparaître lors d’une prochaine restauration, sans que l’on puisse connaître leur histoire. Cette recherche s’intéresse à la dimension patrimoniale et la revalorisation de graffiti présents dans un lieu historique. Et de trouver un moyen de les sauver de l’effacement et de l’oubli.