Gravures pastorales des Alpes-Maritimes

À l’est du parc national du Mercantour, dans la Haute-Roya, les vallées des Merveilles et de Fontanalbe s’articulent autour du mont Bégo, culminant à 2 870 m d’altitude. Dans cet environnement rude de haut pâturage séculier, des textes, dessins et signatures apparaissent à la surface des roches. Aux côtés des gravures piquetés de l’âge du bronze issues de peuplements agro-pastoraux, s’ajoute une quantité d’inscriptions incisées au cours des siècles. Bien moins connues et médiatisées que les figures proto-historiques, les gravures pastorales forment cependant un témoignage rare et intime de la vie paysanne au cours des siècles précédents. Les roches tendres de ces vallées, formées par les glaciers du quaternaires, en font un héritage particulièrement fragile qui peu à peu s’efface.

S’intéresser aux gravures pastorales implique alors de suivre les chemins des grandes transhumances ayant structuré un vaste territoire culturel et linguistique commun. Des bergeries gravées de la Plaine de Crau Provençale aux cols de haute montagne vers le Piémont italien, ces écritures font échos aux migrations constantes des êtres et troupeaux.

Avec l’apport de travaux historiques et ethnologiques, cette recherche est l’occasion d’explorer l’approche typographique comme un outil au service d’une histoire populaire précieuse. Située dans une exploration plus large des rapports sociétaux entre plaine et la montagne, l’objectif est double : questionner la pratique graphique elle-même au regard d’un corpus populaire riche et considérer l’histoire paysanne comme une composante essentielle du territoire.