Inspiré par l’expérience personnelle du trilinguisme coréen-français-anglais, ce projet de recherche en aborde les enjeux sous le prisme du design (typo)graphique.

Le coréen, le français et l’anglais: ce sont bien trois langues différentes avec leur propre syntaxe et vocabulaire ; néanmoins, ils ne s’agit (que) de deux systèmes d’écritures différents : le latin et le hangeul. Cette dissonance entre le trilinguisme et le biscriptural soulève des questionnements autour du ‘typographic matchmaking’, cette tendance à l’homogénéisation des systèmes d’écriture que l’on retrouve bien souvent dans les créations de caractères multiscriptes ou dans le design éditorial. En prenant le contre-pied de cette tendance, ce projet de recherche vise à mener des expérimentations de ‘matchbreaking’, dans lesquelles chaque langue se distinguerait de ses compagnons, prônant l’éclectisme.

Dans notre contexte actuel de globalisation, le multilinguisme se voit surtout catalysé par les différentes diasporas. Ces dernières contribuent à la création de micro-langages hybrides qui mélangent des mots ou expressions de langues multiples au sein même d’une phrase. Cette forme de communication reste cependant vernaculaire. Cantonnées aux écrits éphémères tels que la prise de note ou les sms, on attribue à ces langues hybrides une temporalité restreinte. Ce projet de recherche questionne donc la forme écrite du trilinguisme à travers un travail d’écriture, pour expérimenter ce basculement du vernaculaire vers le littéraire et sa mise en forme typographique.