L’ANRT est un lieu d’excellence où se développe une expertise particulière dans les champs du dessin de caractères typographiques et du design éditorial. Il a vocation à accompagner les projets de recherche personnels soumis chaque année par les candidats. Ces projets peuvent concerner aussi bien le dessin de caractères que le design éditorial.

En parallèle, des lignes de recherche pérennes ont été définies: elles donnent lieu à des programmes de recherche spécifiques, en relation avec ces problématiques, établis avec des structures partenaires. Le design typographique est toujours au centre du processus.

Lignes de recherche

Créer des caractères typographiques spécifiques pour la recherche

Plusieurs disciplines font appel à des systèmes de notations spécifiques, et nécessitent des fontes et des environnements de composition dédiés.
Le développement des humanités numériques (catalogues et publications en ligne, bases de données, bibliothèques numériques…) fait fréquemment surgir le besoin d’outils typographiques satisfaisants pour transcrire, analyser et publier des contenus spécifiques. La conception de caractères typographiques adaptés implique une analyse de la structure et des caractéristiques du dessin des signes, aussi bien qu’une réflexion sur les stratégies d’encodage ou d’interfaces de composition. Plusieurs projets développés ces dernières années à l’Atelier concernent cette ligne de recherche (voir les travaux de Sarah Kremer, Elvire Volk Leonovitch, Francis Ramel…), et font l’objet d’échanges fructueux avec des chercheurs en linguistique, musicologie, épigraphie, égyptologie, etc.
Voir le séminaire IIIe Type organisé par l’ANRT et la BnF en décembre 2015.
iiitype.anrt-nancy.fr

L'automatisation du dessin de caractères

Depuis 2013, l’ANRT s’est rapproché du LORIA (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications), à Nancy, pour développer le projet «Re-Typographe» (voir les travaux de Thomas Bouville et David Vallance). Il vise à reconstruire des fontes «à la volée», sur la base de pages numérisées en mode image, en employant des techniques d’intelligence artificielle (analyse de documents, algorithmie discrète). Les enjeux technologiques d’un tel projet sont importants, tant dans le champ des humanités numériques que de la production typographique.
Voir le séminaire Automatic Type Design organisé par l’ANRT en mai 2014.
automatic-type-design.anrt-nancy.fr

Programmes de recherche

Programmes de recherche 2013

ANRT–LORIA. Re-Typograph 2013

Thomas Bouville
En partenariat avec le LORIA (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications) l’école des Mines de Nancy (campus ARTEM) et les Bibliothèques virtuelles humanistes (Centre d’études supérieures sur la Renaissance, Tours)

Ce programme de recherche a été lancé en 2013 (sous l’intitulé Typographie et algorithmie discrète), avec pour objectif d’étudier, à partir de relevés de caractères typographiques imprimés, la pertinence d’un ensemble d’algorithmes fournis, pour la caractérisation géométrique des contours des alphabets. Le but est d’obtenir une forme caractéristique, visant à terme la reconstruction automatique de la typographie de documents anciens.
Les premiers résultats ont permis d’expérimenter la «moyennisation» d’échantillons de caractères, compilés à partir de pages numérisées, et de tester différents algorithmes de vectorisation.

Les objectifs de l’année 2014-2015 ont été d’optimiser les outils mis en place, les intégrer dans une interface graphique, et d’expérimenter l’export de ces contours vers des fontes générées automatiquement. Ces fontes pourront être statiques (composées de courbes de Béziers, export en .ufo) ou paramétriques (de type Metafont).

Un séminaire international, Automatic Type Design, a abordé ces problématiques les 6 et 7 mai 2014 à Nancy.

automatic-type-design.anrt-nancy.fr
re-typograph.loria.fr
loria.fr
mines-nancy.univ-lorraine.fr
bvh.univ-tours.fr

ANRT-FEW

Sarah Kremer
Développement d’un caractère phonétique étendu pour la numérisation du Französisches Etymologisches Wörterbuch de Walther von Wartburg.
En partenariat avec l’ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française / CNRS)

atilf.fr

Le FEW, dictionnaire pan-lexical du gallo-roman, représente un des projets lexicographiques les plus ambitieux au monde (« un des plus beaux monuments des sciences du langage » selon P. Swiggers, RLiR 54 (1990), 347). Il est l’un des projets-phares de l’ATILF, et occupe une place de premier ordre dans la recherche (inter-)nationale: c’est non seulement le cadre où est réalisée la recherche de fond en étymologie, mais aussi la référence dans le domaine de la dialectologie et du français régional, de l’édition de textes, des créoles à base lexicale française.

Ce dictionnaire recourt à un grand nombre de caractères typographiques spécifiques, en particulier pour la notation phonétique. Les principales difficultés sont dues à la présence de diacritiques (accents) parfois multiples sur un seul caractère: jusqu’à trois diacritiques au-dessus des lettres, et un au-dessous. Cette originalité soulève plusieurs difficultés en matière de design typographique. À l’heure actuelle, aucune fonte complète, qui regrouperait tous les glyphes nécessaires, n’est disponible pour les chercheurs, ce qui complique la rédaction et l’édition des articles. Ce manque est préjudiciable, à l’heure de la rétro-conversion du FEW sous forme numérique.

Les objectifs du partenariat entre l’ANRT, le Centre du FEW et l’équipe «Linguistique historique française et romane» de l’ATILF sont les suivants:
― développer une fonte complète intégrant l’ensemble des glyphes nécessaires
― adapter cette fonte pour la publication des mises à jour du FEW, en édition papier et éléctronique
― mettre cette fonte à disposition des chercheurs pour une utilisation dans leurs publications (Licence libre), proposer à terme une normalisation des caractères du FEW au consortium Unicode, ou, à défaut, établir un protocole d’encodage qui permette la diffusion et l’inter-opérabilité des contenus numériques.

Programmes de recherche 2014

ANRT-PIM. Polices pour les Inscriptions Monétaires (PIM)

Elvire Volk Leonovitch
En collaboration avec le Département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France (BnF), l’Institut de recherche sur les Archéomatériaux (IRAMAT) et le Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale (CESCM), dans le cadre du plan triennal de la recherche 2013-2015 de la BnF

Comme dans les autres domaines de l’épigraphie, le contenu sémantique des légendes monétaires n’est en général pas leur unique intérêt. Les particularités graphiques des signes – lettres ou symboles – qui les composent sont porteuses de sens, et fournissent des indications essentielles à la compréhension de l’objet – le contexte géographique, chronologique, technique et culturel de sa production, son usage et sa réception. L’étude de ces particularités est intéressante en elle-même, et elle offre également des pistes pour la lecture et l’étude linguistique des légendes, qui posent parfois des difficultés importantes.

Les études sur ces questions n’ont pas manqué ces derniers siècles, mais les nouvelles possibilités offertes à la recherche par le numérique (catalogues et publications en ligne, bases de données, bibliothèques numériques…) font aujourd’hui clairement ressentir le manque d’un outil satisfaisant pour transcrire, publier et analyser ces inscriptions. Le projet PIM se veut une réponse à cette situation.

L’objectif de PIM est de répondre à un besoin pratique lié au développement du numérique par la création d’un caractère typographique utilisable par un large éventail d’intervenants dans le domaine de l’épigraphie et de la numismatique. Cette fonte aspire à contenir, sous une forme unifiée, toutes les variantes stylistiques identifiées dans un corpus de référence d’environ 10 000 monnaies médiévales (de l’Antiquité tardive au début du XVI siècle) ; à titre d’exemple, on compte près de 30 formes de A, et environ 800 glyphes au total. L’accès à ces glyphes et leur encodage constitue un enjeu technologique supplémentaire.

Les usages projetés et les fonctionnalités rendues possibles par l’utilisation d’une fonte sont par conséquent autant que l’étude de l’épigraphie au cœur de la réflexion menée par l’équipe du projet.

ANRT–LORIA. Re-Typograph 2014

David Vallance
En partenariat avec le LORIA (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications) l’école des Mines de Nancy (campus ARTEM) et les Bibliothèques virtuelles humanistes (Centre d’études supérieures sur la Renaissance, Tours)

Ce programme de recherche a été lancé en 2013 (sous l’intitulé Typographie et algorithmie discrète), avec pour objectif d’étudier, à partir de relevés de caractères typographiques imprimés, la pertinence d’un ensemble d’algorithmes fournis, pour la caractérisation géométrique des contours des alphabets. Le but est d’obtenir une forme caractéristique, visant à terme la reconstruction automatique de la typographie de documents anciens.
Les premiers résultats ont permis d’expérimenter la «moyennisation» d’échantillons de caractères, compilés à partir de pages numérisées, et de tester différents algorithmes de vectorisation.

Les objectifs de l’année 2014–2015 sont d’optimiser les outils mis en place, les intégrer dans une interface graphique, et d’expérimenter l’export de ces contours vers des fontes générées automatiquement. Ces fontes pourront être statiques (composées de courbes de Béziers, export en .ufo) ou paramétriques (de type Metafont).

Un séminaire international, Automatic Type Design, a abordé ces problématiques les 6 et 7 mai 2014 à Nancy.

automatic-type-design.anrt-nancy.fr
re-typograph.loria.fr
loria.fr
mines-nancy.univ-lorraine.fr
bvh.univ-tours.fr

Programmes de recherche 2015

ANRT-STENCIL. Les livres réalisés au pochoir entre 1650 et 1850

En partenariat avec le Department of Typography & Graphic Communication (University of Reading) et le Centre d’Etudes Supérieures sur le Renaissance (Tours)

Ce projet cherche à localiser, inventorier, analyser et interpréter les livres réalisés au pochoir. Ce type d’ouvrages occupe, sur le plan technique, une position intermédiaire entre le manuscrit et l’imprimé; leur contenu est principalement (mais pas toujours) liturgique. Ils ont été produits sur une période de deux siècles, de 1650 à 1850 environ, dans les pays catholiques de l’Europe de l’Ouest, et probablement dans les régions d’Amérique où le catholicisme s’est répandu. À l’heure actuelle, aucune étude d’envergure n’a entrepris d’analyser ce phénomène selon une approche globale.
L’étude s’appuiera au préalable sur un inventaire des livres de chœur cisterciens, à partir d’un corpus existant qui fournira les bases méthodologiques pour des investigations plus larges.
L’analyse des spécificités formelles des ouvrages, en matière de caractères, de décor et de composition, permettront une meilleure compréhension de la fabrication et de la diffusion de ces ouvrages, dans le temps et dans l’espace. Le développement des livres au pochoir sera également étudié dans sa relation à la musique et à la liturgie.

Ce projet a une dimension essentiellement historique. Il bénéficiera de l’encadrement régulier de Eric Kindel (Chercheur, enseignant à l’Université de Reading) et de Marie-Luce Boschiero (Professeur de l’Éducation Nationale, Docteur en Musicologie), ainsi que de l’équipe enseignante de l’ANRT.

ANRT-VÉGA. Développement typographique du Vocabulaire de l’Égyptien Ancien (VÉGA)

Pierre Fournier
En partenariat avec le LabEx ARCHIMEDE (Université Paul-Valéry Montpellier) et Intactile DESIGN

Le Vocabulaire de l’Égyptien Ancien (VÉGA) est un outil numérique destiné à remplacer le grand dictionnaire allemand de l’Académie de Berlin publié de 1925 à 1931, encore largement utilisé aujourd’hui, faute de mieux, mais devenu obsolète. Le programme associe les équipes du LabEx ARCHIMEDE (Équipe d’Égyptologie de l’UMR-ASM, UPVM-CNRS) et d’Intactile Design (en charge de la conception, du design et du développement), sous la responsabilité de Frédéric Servajean (UPVM).

L’objectif du VÉGA est de créer un outil interactif permettant de modéliser et représenter les connaissances évolutives en égyptien ancien, en regroupant et recoupant les mots, leurs attestations, leurs références, leurs graphies exactes en hiéroglyphes et les photographies des textes concernés. Là où, aujourd’hui, l’usager doit faire appel à des dizaines d’articles et d’ouvrages, plus ou moins volumineux et dispersés, cet outil lui permettra d’accéder à l’information directement et immédiatement, selon des critères qu’il aura lui-même défini. Le VÉGA devra posséder plusieurs niveaux de lecture correspondant à chaque utilisateur, de l’amateur au professionnel, de l’étudiant débutant au linguiste comparatiste.
L’ensemble de la communauté mondiale de l’égyptologie sera invité à l’enrichir, et à effectuer à travers lui un travail scientifique collaboratif.

La difficulté consiste à intégrer non seulement l’ensemble le plus complet de hiéroglyphes (1200 en Unicode, mais près de 9000 nécessaires pour fixer toutes les formes de l’Égyptien ancien), mais aussi de leurs différentes graphies — les graphies correspondant en quelque sorte à l’orthographe des mots. On recense régulièrement une vingtaine de graphies différentes pour un même signe, ce qui démultiplie les formes à produire. À l’heure actuelle, la transcription de textes hiéroglyphiques pose des problèmes de saisie informatique, d’encodage et de design. Le VÉGA a pour objectif, à moyen terme, de se doter de son propre compositeur de graphies, et d’une base complète de signes — une évolution indispensable pour permettre l’indexation et l’optimisation de la base de données. L’ANRT collaborera à ce niveau pour l’optimisation de la transcription typographique.

ANRT–LORIA. Re-Typograph 2015

En partenariat avec le LORIA (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications) l’école des Mines de Nancy (campus ARTEM) et les Bibliothèques virtuelles humanistes (Centre d’études supérieures sur la Renaissance, Tours)

Ce programme de recherche a été lancé en 2013 (sous l’intitulé Typographie et algorithmie discrète), avec pour objectif d’étudier, à partir de relevés de caractères typographiques imprimés, la pertinence d’un ensemble d’algorithmes fournis, pour la caractérisation géométrique des contours des alphabets. Le but est d’obtenir une forme caractéristique, visant à terme la reconstruction automatique de la typographie de documents anciens.
Les premiers résultats ont permis d’expérimenter la « moyennisation » d’échantillons de caractères, compilés à partir de pages numérisées, et de tester différents algorithmes de vectorisation.

Les objectifs de l’année 2014–2015 ont été d’optimiser les outils mis en place, les intégrer dans une interface graphique, et d’expérimenter l’export de ces contours vers des fontes générées automatiquement. Ces fontes pourront être statiques (composées de courbes de Béziers, export en .ufo) ou paramétriques (de type Metafont).

Un séminaire international, Automatic Type Design, a abordé ces problématiques les 6 et 7 mai 2014 à Nancy.

automatic-type-design.anrt-nancy.fr
re-typograph.loria.fr
loria.fr
mines-nancy.univ-lorraine.fr
bvh.univ-tours.fr

Partenariats

ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française / CNRS)

Nancy
Professeur associé: Yan Greub, directeur du FEW (Französisches Etymologisches Wörterbuch), dans le cadre du projet FEW.
atilf.fr

LORIA (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications)

Nancy
Professeur associé: Bart Lamiroy, dans le cadre du projet Re-Typographe, qui associe également l’école des Mines et Télécom Nancy.

loria.fr
qgar.loria.fr
mines-nancy.univ-lorraine.fr

BnF (Bibliothèque nationale de France)

Paris
Département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France. Chercheure associée: Florence Codine (BnF)
Dans le cadre du projet PIM, qui associe la BnF, l’Institut de recherche sur les Archéomatériaux (IRAMAT) et le Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale (CESCM) et l’ANRT dans le cadre du plan quadriennal de la recherche 2016-2020.

University of Reading

Department of Typography & Graphic Communication, Univ. of Reading (UK)
typefacedesign.net

Hochschule Mayence

Gestaltung Hochschule Mainz (DE)
Dans le cadre du projet The Missing Scripts
Professeur associé: Johannes Bergerhausen

University of Berkeley

Berkeley, CA 94720-2650 (USA)
Dept. of Linguistics
Script Encoding Initiative
Professeur associé: Deborah Anderson

Université Paul Valéry / Montpellier 3

LABEX Archimede «Archéologie et Histoire de la Méditerranée et de l’Égypte anciennes» – et par le laboratoire «Archéologie des sociétés méditerranéennes», unité mixte de recherche (UMR 5140), dans le cadre du projet ANRT/VEGA
vega-vocabulaire-egyptien-ancien.fr